Varron chez le cheval : traitement et maladies de la peau

Vous rentrez d’une belle sortie en forêt et, en dessellant votre monture, vous remarquez une bosse étrange sur son flanc. Ce n’était pas là hier, vous en êtes certain. Pas de panique, mais ne négligez pas ce signe : il pourrait s’agir d’un varron, une larve parasite qui s’installe sous la peau. J’ai vécu cette situation l’année dernière avec mon hongre préféré, juste avant une compétition importante. Autant dire que j’ai dû revoir mes plans rapidement.

Le varron provient d’une mouche parasite, principalement Hypoderma bovis et Hypoderma lineatum, qui cible normalement les bovins. Cette mouche adulte vit à peine une semaine et pond environ mille œufs sur les poils des pattes et du ventre des vaches. Chez le cheval, le cycle biologique ne se boucle jamais complètement car les larves meurent à l’intérieur sans arriver à se développer totalement. Les chevaux vivant près des troupeaux bovins sont particulièrement exposés, surtout après un été passé au pré avec des vaches.

varron cheval

Comment reconnaître cette affection cutanée

La première fois que j’ai identifié un varron, c’était sur ma jument de saut. Une petite bosse ferme au passage de sangle, pile là où la sangle frottait. Impossible de seller sans provoquer une gêne évidente. Le varron se manifeste sous forme de boutons durs sous la peau, généralement sur le dos, les flancs, l’encolure ou la pointe des fesses. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ces bosses ne sont pas toujours douloureuses au toucher, mais elles peuvent le devenir selon leur localisation et leur stade d’évolution.

Lorsque la larve est déjà sortie naturellement, vous observerez un trou d’environ un demi-centimètre avec souvent du pus autour. Sous vos doigts, vous pouvez sentir la serpentine de l’asticot qui chemine sous la peau. Les larves mortes forment des kystes sous-cutanés, parfois jusqu’à six sur le dos d’un même cheval. Ces manifestations apparaissent principalement en été, période où les mouches sont actives, bien que l’on puisse les détecter jusqu’en automne.

Il faut distinguer le varron d’autres affections similaires. Les strongles ou oxyures peuvent également migrer sous la peau s’ils prolifèrent excessivement, créant des boutons qui percent en laissant un petit cratère. Un sarcoïde au passage de sangle peut aussi prêter à confusion, mais il évolue différemment et présente souvent une perte de poils. Le varron conserve généralement du poil dessus et reste stable en taille pendant plusieurs semaines.

Solutions thérapeutiques adaptées

Face à un varron confirmé, votre vétérinaire établira un protocole de traitement médicamenteux adapté. L’administration d’un vermifuge à base d’ivermectine à haute dose constitue la pierre angulaire du traitement. Le Panacur Guard, reconnaissable à sa bouteille verte, est fréquemment prescrit à raison de 45 ml durant cinq jours consécutifs. Ce vermifuge agit sur les larves en migration dans l’organisme.

Le traitement complet associe généralement plusieurs composantes pour optimiser la guérison :

  • Anti-inflammatoires par voie orale pendant cinq jours pour réduire la douleur causée par la traversée des tissus
  • Pommade anti-inflammatoire locale pour calmer l’inflammation au niveau des lésions
  • Antibiotiques pour prévenir les surinfections et faciliter la cicatrisation
  • Protection gastrique pour les chevaux sensibles aux ulcères, notamment du Phosphalugel à 50 ml par jour

Après un traitement aussi conséquent, j’applique toujours un protocole de drainage pour aider l’organisme à éliminer les toxines. Quinze jours de drainage rénal avec de l’Ekyrenal, suivi de quinze jours de drainage hépatique, puis à nouveau quinze jours de drainage rénal. Cette approche en trois étapes soutient efficacement le foie et les reins, véritables filtres de l’organisme.

Phase de traitementProduitDuréeObjectif
AntiparasitaireIvermectine haute dose5 joursÉliminer les larves
Anti-inflammatoirePoudre + pommade5 joursRéduire douleur et inflammation
Drainage rénal 1Ekyrenal15 joursDécharger les reins
Drainage hépatiquePVD drainage15 joursÉliminer les toxines
Drainage rénal 2Ekyrenal15 joursÉvacuer toxines dégradées

Concernant l’option chirurgicale, elle reste controversée. L’incision pour retirer manuellement les larves est possible mais la majorité des praticiens la déconseillent fortement, surtout au niveau du dos. La cicatrisation s’avère très lente et peut engendrer une sensibilité dorsale persistante, compromettant votre pratique équestre future. Avant ma compétition de saut prévue en septembre, mon vétérinaire m’a clairement déconseillé toute intervention chirurgicale pour éviter des complications à long terme.

Approche naturelle et prévention efficace

L’organisme du cheval possède des capacités d’auto-guérison remarquables. Dans certains cas, l’élimination naturelle des larves se produit spontanément sans intervention médicale. J’ai observé la disparition complète de boutons suspects sur plusieurs chevaux de l’écurie, simplement en laissant faire la nature. Attention néanmoins à ne jamais presser les tumeurs pour tenter d’extraire les larves, vous risqueriez de provoquer une infection secondaire grave.

Les soins locaux renforcent cette approche naturelle. Des emplâtres à base de miel, thym et argile donnent d’excellents résultats pour refermer les lésions. Le massage quotidien avec une pommade appropriée ramollit la zone et peut favoriser la résorption de l’asticot mort. Un traitement antiseptique local accélère la cicatrisation tout en prévenant les infections opportunistes. Si vous repérez des œufs sur les poils de votre cheval, retirez-les immédiatement avec un rasoir à main ou du vinaigre.

La prévention reste votre meilleure alliée contre cette parasitose cutanée. Vermifugez régulièrement vos chevaux avec un produit contenant de l’ivermectine si vous vivez à proximité de bovins. Cette mesure prophylactique limite considérablement les risques d’infestation. Surveillez attentivement vos chevaux après un été passé au pré avec des vaches, période critique pour la contamination.

La cicatrisation demande patience et rigueur. Comptez plusieurs semaines avant de pouvoir remonter votre cheval, car la douleur dorsale persiste même après sortie naturelle de la larve. L’évolution reste lente et peu visible pendant les premières semaines de traitement. Même si la bosse diminue, vous continuerez à sentir la présence de l’asticot sous vos doigts. Cette période d’attente peut sembler interminable quand vous avez prévu des sorties en forêt ou des concours, mais respecter ce temps de repos garantit une récupération complète sans séquelles dorsales.

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