Alimentation pour vieux chevaux : aliments et conseils pour cheval senior

Observer un compagnon vieillir n’est jamais facile. Je me souviens de ma jument qui, après des années de sorties en forêt et de compétitions, a commencé à montrer des sigques de fatigue vers ses 18 ans. L’alimentation des chevaux seniors devient alors une priorité absolue pour maintenir leur qualité de vie. Un cheval est généralement considéré comme âgé à partir de 20 ans, bien que ce seuil varie selon la race et l’historique sportif de l’animal. Les premiers changements physiques apparaissent progressivement : le dos se creuse, la masse musculaire diminue, et la dentition se détériore. Ces modifications physiologiques exigent une adaptation nutritionnelle spécifique pour garantir le bien-être de nos vieux compagnons.

Identifier les besoins nutritionnels du cheval vieillissant

Le métabolisme du cheval senior fonctionne différemment de celui d’un adulte en pleine force. La digestion devient moins efficace, l’intestin assimile moins bien les nutriments, et le renouvellement tissulaire ralentit. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les besoins nutritionnels restent sensiblement équivalents à ceux d’un cheval adulte à l’entretien, mais la qualité des aliments devient primordiale. J’ai appris cette leçon en constatant que mon ancien cheval de concours perdait progressivement du poids malgré des rations identiques aux années précédentes.

L’apport en fibres digestibles constitue la base de toute ration pour senior. Maintenir une distribution de fourrage entre 1,5 et 2,5% du poids vif en matière sèche reste crucial. Pour un cheval de 500 kg, cela représente entre 8 et 14 kg de foin quotidiennement. Ces fibres préviennent les coliques, plus fréquentes chez les individus âgés en raison du ralentissement du transit intestinal. Les protéines de qualité méritent également une attention particulière : le tourteau de soja et la luzerne apportent les acides aminés essentiels comme la lysine et la thréonine, indispensables pour limiter la fonte musculaire.

Les matières grasses représentent une source d’énergie particulièrement adaptée aux chevaux vieillissants. L’ajout d’huiles végétales de soja ou de lin permet de maintenir le poids corporel sans surcharger le système digestif. Une recommandation pratique consiste à distribuer 50 ml d’huile pour 100 kg de poids vif par jour chez les chevaux amaigris. En revanche, l’amidon doit être limité : ne jamais dépasser 100 g pour 100 kg de poids vif quotidiennement, en fractionnant impérativement la distribution pour éviter les troubles digestifs comme l’acidose.

Nutriment Quantité recommandée Bénéfice principal
Fibres (foin) 1,5-2,5% du poids vif Transit intestinal, prévention des coliques
Protéines Tourteau de soja, luzerne Maintien de la masse musculaire
Matières grasses 50 ml/100 kg de poids vif Énergie, maintien du poids
Amidon Max 100 g/100 kg de poids vif Énergie contrôlée

Adapter l’alimentation selon les problématiques dentaires

Les troubles dentaires figurent parmi les complications les plus fréquentes chez les équidés seniors. La table dentaire s’use de manière irrégulière, des dents se fracturent ou tombent, rendant difficile la mastication du foin traditionnel. Le « quidding », ce comportement de recrachement de boulettes d’aliment prémâché, signale clairement un inconfort lors de la prise alimentaire. Dans ces situations, la texture des aliments devient aussi importante que leur composition nutritionnelle.

Les granulés trempés constituent une excellente alternative au foin classique. En les réhydratant dans un seau d’eau tiède pendant 15 à 30 minutes, on obtient une purée facilement consommable même sans dents fonctionnelles. Les mashs riches en fibres digestibles représentent également une option pertinente pour remplacer le fourrage long chez les chevaux édentés. La pulpe de betterave, après trempage soigneux, garantit un apport énergétique suffisant grâce à ses fibres fermentescibles particulièrement digestes.

Pour maintenir un apport en fourrage malgré les difficultés de mastication, plusieurs solutions existent :

  • Le foin mouillé ou haché facilite la prise alimentaire
  • Les bouchons de foin imbibés d’eau reconstituent une texture acceptable
  • L’enrubanné offre une consistance plus tendre que le foin sec
  • L’herbe fraîche au pâturage reste la plus facile à consommer
  • Les aliments floconnés remplacent avantageusement les granulés trop durs

Attention néanmoins à la longueur des fibres chez les chevaux présentant des diastèmes (espaces entre les dents) : les accumulations alimentaires peuvent provoquer des douleurs gingivales. Dans ce cas précis, privilégier des fibres courtes tout en fractionnant la distribution en 4 à 5 repas quotidiens pour optimiser l’ingestion et la digestion.

Soutenir le métabolisme et les articulations du cheval senior

Les compléments alimentaires jouent un rôle déterminant dans la santé globale des chevaux âgés. Un CMV (Complément Minéral Vitaminé) adapté aux seniors s’avère indispensable, avec une composition ajustée : taux de magnésium et potassium augmentés, sodium diminué pour limiter la rétention d’eau. Les vitamines et minéraux sont d’autant plus essentiels que leur absorption intestinale diminue avec l’âge.

Les antioxydants méritent une mention particulière. Les vitamines C et E, associées au sélénium, améliorent la fonction immunitaire et modulent l’inflammation chronique liée au vieillissement. Cette « inflamm-ageing » touche progressivement tous les équidés seniors et favorise le développement de maladies métaboliques. Chez les chevaux atteints de pathologies comme le syndrome de Cushing, qui concerne 20 à 30% des individus de plus de 15 ans, une supplémentation en vitamine E de 8 à 10 g par jour s’impose pour protéger les neurones dopaminergiques sensibles au stress oxydatif.

L’arthrose représente une autre problématique majeure du vieillissement équin. Après des années de travail, qu’il s’agisse de balades ou de compétitions, les articulations souffrent inévitablement. Les chondroprotecteurs comme la chondroïtine, la glucosamine, le MSM ou l’acide hyaluronique soutiennent efficacement le confort articulaire. Ces compléments fonctionnent d’autant mieux qu’ils sont associés à une gestion pratique adaptée : distribuer la ration à hauteur de tête en cas d’arthrose cervicale, éviter les filets à foin trop suspendus pour les chevaux présentant une arthrose généralisée.

Les probiotiques et prébiotiques stabilisent l’équilibre de la flore intestinale dont la diversité diminue naturellement avec l’âge. Cette sensibilité accrue aux infections et inflammations digestives justifie pleinement leur utilisation régulière. La spiruline, riche en protéines et acides gras essentiels, compense la mauvaise absorption intestinale fréquente chez les seniors. N’oublions pas non plus les électrolytes pour prévenir les déséquilibres liés à une transpiration parfois importante, même chez des chevaux moins actifs physiquement.

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